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Visite du pape Léon XIV en France

. 27 août 2026

Site de René Poujol

Le 7 aout 2026


 

Je vous ferai cette confidence : plus je lis d'informations sur le prochain voyage du pape en France, plus je sens s’installer en moi une forme d’indifférence. J’ai plutôt de l’estime et du respect pour Léon XIV. J’ai mis du temps à le cerner, inquiet à l’idée qu’un désir légitime d’apaisement et d’unité ne le conduise à trop de renoncements. Sa décision de poursuivre la dynamique synodale de François, ses discours en Algérie et en Afrique, ses répliques à Donald Trump, les textes successifs de son exhortation apostolique sur la pauvreté et de son encyclique sur l’intelligence artificielle, son voyage en Espagne, son alerte permanente sur le sort des migrants et des réfugiés, ses appels répétés à faire prévaloir le dialogue et le droit international au service de la paix, sa fermeté face aux ordinations épiscopales de la FSSPX ou aux conditions de célébration de la messe en rite extraordinaire me sont apparus comme autant de « bons signes » d’un pontificat qui entendait se situer résolument dans la continuité du précédent.

Alors pourquoi ces réserves ? Parce que ce voyage m’apparaît, par-delà un appel à faire Eglise autour du successeur de Pierre, comme une tentative à peine voilée de colmater brèches et lézardes, de camoufler la réalité derrière un volontarisme de « signes d’espérance » dont procède ce déplacement, de ménager au Saint-Père un accueil triomphal à même de faire oublier l’indifférence de bien des diocèses à expérimenter la mise en œuvre du synode qu’il réclame… Bref, pour parler net, cet “événementiel“ m’apparaît comme une opportunité - ou une tentative - de redorer le blason d’un épiscopat dont on peut craindre à la veille de la Présidentielle - à quelque louable exception près - qu’il soit « devenu transparent à force d’être incolore. », pour reprendre les mots de François Mauriac à propos d'un homme politique de la IVème République. 

Je préfère écrire cela en toute franchise et simplicité au cœur de l’été, loin de l’échéance, sans visée prosélyte aucune. Je comprendrai très bien que d’autres choisissent de se mêler à la fête, même s’il me semble difficile que des 17-35 ans du monde rural puissent “monter“ en nombre au Stade de France... un vendredi soir. Je serai attentif aux paroles et aux gestes de Léon XIV : notamment à l’Unesco et à Metz, sur des enjeux de culture mondiale et d’identité européenne. Pour le reste… 

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