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Et déjà la cognée est à la racine de l’arbre (Mt 3,10)

Newsletter n° 4 Mars 2024

Du bûcheron, François en a la force et la ténacité ; la force pour porter le coup, la ténacité pour le tenir. François, pasteur, participe à la démarche synodale comme n’importe quel baptisé et, fidèle à sa mission et à son charisme, frappe à la hache comme autant de rappels au changement et au message évangélique. 

François pose des actes qui peuvent surprendre, énerver, désorienter dans un premier temps. Certains y voient même la main du diable… Et pourtant, à y regarder de plus près, sans aucune prétention à vouloir décrypter de mystérieuses énigmes ou exégétiser d’étranges paroles, je prétends que les gestes de François peuvent faire signes. J’en soumets trois à votre jugement.

Le synode n’est plus « synode des évêques. » Le chemin synodal s’ouvre à tous les baptisés et, désormais, François ouvre les portes des assemblées à 70 baptisés, sans distinction de genre, de rangs ou de ministères, avec droit de vote pour tous. Cette apparemment petite révolution fera date et ne pourra que s’étendre à tous les continents, sans pouvoir être remise en question. Le coup de force de François garantit, pour l’avenir et pour tout baptisé, le droit inaliénable à participer à la gouvernance de l’Eglise locale ou universelle.

La bénédiction des couples hors normes a mis tout à coup en lumière que des voix discordantes pouvaient s’exprimer librement. Les cris d’orfraie des épiscopats africains et américains n’ont amené de la part de François qu’explications et commentaires apaisants sans qu’il baissât sa garde. François accepte et reconnaît que les Eglises locales, adultes et responsables, vont être appelées à plus de liberté et, souhaitons-le, de créativité dans la recherche et la prise de décision. C’est la voie ouverte à une décentralisation qui ne peut être que confirmée par le synode.

La décision de François de ne pas ordonner d’hommes mariés au presbytérat à la suite du synode sur l’Amazonie ne fut pas une erreur d’appréciation. François se refuse à ce qu’on forme et qu’on ordonne un nouveau corps de clercs, mariés ou non, dans cette région où les communautés locales sont soutenues et accompagnées essentiellement pas des femmes. François ne penset-il pas à la création de nouveaux ministères hors cléricatures qui pourront être assurés par tous les baptisés, sans distinction de genre ?

Une hirondelle ne fait pas le printemps … Sans aucun doute, tout au long de la marche synodale, les petits pas de côté de François, le jésuite, ne suffiront pas à faire un synode, mais ils auront contribué à tracer la voie et réveiller endormis et vieux démons.  Plus que tout cela, ils sont les signes que tout peut changer.

Gérard Guérin

 

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