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S'INDIGNER, RESISTER... refuser le poison de l’indifférence pour ne pas perdre notre humanité !

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Des baptisés vous invitent à partager, à discuter, à réfléchir ensemble à partir du texte proposé ci-dessous.

 Vous êtes les bienvenu-e-s ! 

Apéritif, dîner, réflexion, salle paroissiale de Saint Bertrand, rue du Gué de Maulny, au Mans.

Apéritif offert, dîner partagé : chacun apporte et nous mutualiserons ! 

Pensez aussi à apporter votre vaisselle.  

 

PS : N'hésitez pas à télécharger le tract qui contient le texte de réflexion, en bas de page

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 Le poison de l’indifférence 

La pire des attitudes est l'indifférence, dire je n'y peux rien, je me débrouille. En vous comportant ainsi, vous perdez l'une des composantes essentielles qui fait l'humain. Une des composantes indispensables : la faculté d'indignation et l'engagement qui en est la conséquence.  STÉPHANE HESSEL 

Quand Stéphane Hessel exhortait ses lecteurs à l'indignation en 2010, il ne prêchait pas une colère stérile, mais une action transformatrice. Aujourd'hui, face à la montée de l'extrême droite, notre indignation est un rempart si elle se mue en résistance active. Ne laissons pas l'indifférence gagner. 

La guerre contre l’indignation 

Mais l'indignation a mauvaise presse ces temps-ci. On l'associe souvent à une facilité d'esprit promue par des moralisateurs de salon. Par exemple, en 2022, lorsque des appels au boycott de la coupe du monde de football au Qatar émergent, on regrette une « indignation à géométrie variable » sur BFMTV, tandis que Le Point explique que « s'indigner à tout va est totalement contre-productif », Valeurs actuelles fustige une « jeunesse biberonnée aux grandes indignations » en évoquant les combats écologiques ou antiracistes, tandis que Le Figaro déplore une « indignation permanente qui transforme l'espace public en un vaste brouhaha ». 

Bref, s'indigner, c'est déplacé. Il y a pourtant motif à l'indignation en France, où les files d'attente pour l'aide alimentaire s'allongent chaque mois, où 330 000 personnes vivent sans domicile fixe, et où plus de 800 personnes meurent chaque année dans la rue, sans que cela n'émeuve grand monde. Nos dirigeants restent indifférents aux scénarios scientifiques des rapports du Giec, nous conduisant collectivement à la catastrophe, et cela ne nous indigne pas outre mesure. Les discours intolérants, discriminatoires et haineux à l'encontre des minorités fleurissent dans l'espace public, ils prospèrent, parce que nous ne nous en indignons pas. C'est précisément parce que nous ne nous indignons pas, ou pas assez, que la température augmente aussi rapidement, que la biodiversité s'effondre, que les inégalités se creusent et que nous semblons basculer vers un régime pré-autoritaire. 

Les dangers de l’endormissement 

« Tout peuple qui s'endort en liberté, se réveillera en servitude », avertissait le philosophe Alain en 1934. L'indignation, même si elle n'est pas un remède miracle, a fait ses preuves dans l'Histoire. C'est l'indignation face aux inégalités de genre qui a permis à des femmes de lutter pour leurs droits avec endurance et sagacité. C'est l'indignation face à l'occupation nazie qui a poussé Stéphane Hessel à entrer en Résistance. Et c'est l'indignation qui peut permettre de commencer à résister à l'extrême droite. L'indignation ne mène pas toujours à l'action, elle n'est pas une solution en soi, elle est souvent le déclencheur de la solu-tion, l'étincelle qui ne donne pas toujours lieu à un grand feu de joie, mais qui parfois démarre les révolutions. 

Or aujourd'hui, cette indignation nous fait défaut, parce qu'elle est quasi immédiatement disqualifiée et renvoyée au rang de l'irrationnel, de l'émotionnel. L'indignation n'est pas perçue d'étonnement naïf, à une colère vaine. Pourtant, comme une vertu, on l'associe plutôt à un sursaut en son temps, Albert Einstein le soulignait déjà : 

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. 

Je ne prétends pas donner de solution magique dans ce livre, j'ai parfaitement conscience qu'il n'est qu'une petite goutte d'eau dans un océan d'information (et de désinformation), mais à mes yeux, rien n'est pire que de s'accommoder d'une réalité qui nous dérange. C'est aussi sur le terreau de l'indifférence ou de la peur que l'extrême droite prospère, et ce alors que beaucoup ne ménagent pas leurs forces pour donner corps à ses idées. Sans un sursaut collectif, leur victoire ne fait plus aucun doute. Le piège serait de se penser individuellement à l'abri des conséquences de cette prise de pouvoir évoquée dans ce livre. Comme le rappelait le pasteur Martien Niemöller en 1950, on n'est pas concerné par le péril de l'extrême droite, jusqu'à ce qu'il soit trop tard : 

"Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste. 

Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n'ai rien dit, je n'étais pas socialdémocrate. 

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n'ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.

 Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. "

Salomé Saqué, Résister, Ed. Payot, Paris, 2024 

 

 

tract_table_dhotes_mars_2025.pdf

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